J'aimerais profiter de cet éditorial pour partager avec vous certaines réalités gérontologiques qui occupent et préoccupent les comités de l'AQG, cette année.
La lutte contre l'âgisme — Notre campagne de sensibilisation à la lutte contre l'âgisme bat son plein. Chaque exemplaire de Vie et vieillissement vous proposera des articles ou des chroniques sur le sujet, alimentés par des résultats de recherche, des rencontres de partenaires et des consultations d'experts; l'Infolettre de l'AQG vous signalera les points de cette campagne à surveiller touchant les différentes facettes de l'âgisme, au fur et à mesure de son déroulement.
Aidez-nous à relever le défi de la lutte contre les comportements et attitudes âgistes! Dans les prochains deux ans et demi, nous viserons particulièrement les milieux de travail, les milieux de vie et la place publique. Nous comptons y arriver via les médias régionaux, les médias spécialisés, les hebdos, les réseaux sociaux, etc. Ce projet est ambitieux. Nous voulons aussi rejoindre les différentes générations et les divers groupes ethnoculturels. Nous chercherons également l'implication des différentes communautés, tant dans les grands centres que dans les régions.
L'AQG plus présente en région — Depuis les deux dernières années et demie, l'AQG a déployé maints efforts de promotion et de « séduction » pour identifier et mobiliser des individus et des organisations partenaires intéressés aux enjeux du vieillissement individuel afin qu'ils deviennent des multiplicateurs de connaissances et des organisateurs d'événements, qu'ils s'engagent et nous aident à mettre sur pied des relais, des carrefours gérontologiques pour promouvoir la gérontologie. L'Outaouais, la Mauricie et Québec-Chaudière-Appalaches ont maintenant, officiellement, des comités régionaux formés de membres motivés à épouser la mission de l'AQG; dans ce cadre, ils pourront organiser des carrefours gérontologiques en partenariat avec les grands acteurs de leur région et encourager ainsi la circulation, dans leur région, des dernières découvertes en recherche et des meilleures pratiques. Vous pourrez lire les nouvelles de ces comités dans la chronique « Écho des régions » publiée dans chacun des numéros de Vie et vieillissement et dans nos Infolettres.
Formation adéquate du personnel dans les résidences et autres milieux de vie — Afin d'assurer que les « milieux de vie » accordent aux personnes âgées vulnérables un respect, un soutien et des soins dignes de nos aînés, nous estimons capital d'exiger une formation adéquate en approche gérontologique pour le plus grand nombre des intervenants dans les résidences de personnes en perte d'autonomie; cette formation devrait être obligatoire et être incluse dans la certification des résidences. Il y va de l'amélioration de la qualité de vie des personnes âgées les plus vulnérables. Cette si précaire et pourtant si précieuse qualité de vie passe par la valorisation et la reconnaissance du travail des employés en résidence et en soutien à domicile. Nous recommandons donc fortement que ces personnes reçoivent une formation adéquate. Le comité de formation de l'Association québécoise de gérontologie a récemment présenté un mémoire à cet effet dans le cadre des travaux parlementaires sur le projet de loi 16. Vous en trouverez un extrait dans nos pages.
Construire des ponts entre les générations — Les recherches ont démontré que, si l'on veut diminuer les comportements et attitudes âgistes, il faut placer les jeunes non seulement le plus rapidement possible, mais aussi le plus fréquemment et le plus régulièrement possible dans des milieux où ils pourront interagir avec des personnes de tous les âges, surtout avec des personnes plus âgées. Vous pourrez lire, dans nos pages, un article qui l'illustre bien avec un projet en milieu scolaire basé sur des activités ludiques, mettant en scène des étudiants et des personnes âgées. Il a été conçu par une étudiante du Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS de l'Université de Sherbrooke.
Faire circuler l'information en gérontologie — Notre objectif est de vous tenir informés avec nos différentes plateformes de communication dynamiques afin que nos messages deviennent incontournables : des colloques, des conférences itinérantes, un site Internet en constante actualisation, une Infolettre (Carrefour gérontologique), des messages audio, vidéo, texto bientôt en balade sur les nouveaux médias (TVweb, Facebook, Twitter, LinkedIn et autres plateformes multimédias).
La gérontechnologie de plus en plus incontournable — Dans le cadre des Journées sur le vieillissement actif (JVA), l'AQG a gagné son pari! Grâce à l'audace de notre conseil d'administration qui avait proposé aux organisateurs des JVA un colloque sur La gérontechnologie : une approche novatrice pour vieillir à domicile, près de 200 participants ont pu profiter des plus récents résultats de recherche dans ce champ d'étude et de développement. Ils ont découvert, avec beaucoup d'intérêt, d'étonnement et d'enthousiasme, un domaine existant depuis plus de vingt ans, néanmoins toujours avant-gardiste, qui est en train de jeter les bases de nos nouvelles façons de faire en matière de maintien à domicile tant pour les aînés eux-mêmes et pour les intervenants que pour leurs proches aidants. Surveillez la prochaine parution de Vie et vieillissement qui portera le nom du colloque et qui regroupera les textes des principales conférences.
L'avenir de la gérontologie francophone — Hélas, nous ne pouvons faire abstraction du fait que, de jour en jour davantage, nous faisons face à d'importants défis dont l'un est particulièrement inquiétant et menaçant! Les chercheurs et auteurs d'articles scientifiques ont de moins en moins d'intérêt à publier en français dans des revues de moindre tirage, donc de moindre visibilité, que dans les publications anglophones, américaines et européennes (même la France privilégie l'anglais dans les communications et les publications, Europe-Unie oblige!). Il y a lieu de s'inquiéter très sérieusement de ce qui adviendra de notre propre revue, menacée par les pressions de la numérisation ainsi que par les coûts importants de l'impression pour un tirage limité, uniquement en français.
Un exemple chez nous, la récente réunion scientifique et éducative annuelle de l'Association canadienne de gérontologie – ACG (association qui se considère comme bilingue) accueillait, à Ottawa, le 4e Congrès panaméricain de l'Association internationale de gérontologie et de gériatrie. Il y avait près de 600 participants, anglophones en grande majorité. Plusieurs membres de l'AQG et autres franco-canadiens y étaient et ont apprécié la qualité des présentations en général et l'excellente organisation de l'événement. Par contre, nous avons connu une très grande frustration quant au manque d'intérêt que montre la communauté gérontologique anglophone pour ce que la communauté francophone a à présenter tant au plan des résultats de recherche qu'à celui du matériel développé et disponible en français. Non seulement n'ont-ils démontré aucun intérêt pour ce qui était présenté uniquement en français, mais les rares conférenciers offrant une présentation non bilingue ont dû subir l'odieux de voir leur salle se vider. Le kiosque de l'AQG (pourtant bien situé) n'a reçu aucune visite d'une personne d'une autre province et, à l'assemblée générale de l'ACG, l'assistance parlait à haute voix pendant la présentation d'activités d'un membre du CA en français. Il nous semble urgent de nous rassembler (toutes associations, regroupements ou centres de recherche francophones au Québec et hors Québec confondus) pour ne pas jeter l'éponge. Il faut recommencer à construire ou à consolider des ponts avec les communautés anglophones (recherche, développement, pratiques, associations de gérontologie, gouvernement fédéral, etc.). Il faut donc être encore plus présents que jamais dans les événements pancanadiens et continuer la promotion de la gérontologie francophone au Canada.
Les défis de Vie et vieillissement en 2011-2014 — Ce sont : demeurer la meilleure revue scientifique francophone en gérontologie d'Amérique; publier des textes innovants, originaux, jamais publiés en français et de grande qualité; travailler en partenariat avec les centres de recherche et d'excellence; augmenter son tirage au Québec, au Canada francophone et dans la francophonie internationale; rendre la revue accessible sur Internet pour les abonnés; viser l'autofinancement grâce à une intensification de la recherche de nouveaux revenus de publicité.
Augmenter l'interaction avec ses membres — Chers membres de l'AQG, chers abonnés à la revue et chers lecteurs, nous espérons que les changements apportés dans cette dernière année répondaient à vos attentes et que vous en êtes satisfaits. Les administrateurs de l'AQG, les membres des comités, en particulier les membres du comité de rédaction, souhaitent vous entendre, vous lire et travailler avec vous. N'hésitez pas à nous communiquer vos idées et vos commentaires et nous offrir de l'aide selon votre intérêt ou expertise .
Merci et bonne lecture!
Catherine Geoffroy
5 décembre 2011